Écritoire présente :
LE VILLAGE DES FEMMES
Lecture d'un texte de Christian Moriat
lundi 21 novembre 2011
à 20h au Théâtre Darius Milhaud
Au Niakey – pays imaginaire – Mama Nuru est une Africaine typique. Elle vaque aux occupations des femmes : quête du
bois, traite des animaux, préparation des repas… Partie chercher l’eau, elle rencontre des soldats britanniques qui la violent. Son mari, Wambugu, la répudie.
Elle part avec Cece, sa fille, sauvée in extremis d’une mort certaine suite à une
excision qui a « mal tourné » et Kimiso, son fils. La dernière et très jeune épouse de Wambugu décide de les accompagner.
Bannis par la communauté, ils errent jusqu’au moment où, avec l’aide du griot, elle crée Amajo, un village d’accueil pour les
femmes battues, interdit aux hommes.
Le village des femmes prospère, les hommes jalousent… Entre eux, la guerre est déclarée.
Lecture dirigée par Marie Josée Brakha
avec : photos Patrick Cerman
Mamadou Fomba, Tania Mandine, Mbembo, Mbathio Tia Diagne,
Kadi Diarra, Aboubaka Maïga, Étienne Alsamia

Kadi Diarra, Céline Spang
Christian Louis, Mamadou Fomba, Tania Mandine, Mbembo
autres photos
compte rendu de la lecture :
D’abord, il y eut un courriel que je m’étais permis d’adresser à Marie Josée Brakha : « Vous qui êtes en contact avec pas mal de gens, dans le
milieu du spectacle, ne connaîtriez-vous pas une association susceptible d’être intéressée par une pièce dont l’action se déroulerait en Afrique… ? Attention ! Il s’agit d’une pièce
très dure, puisqu’elle évoque l’excision des enfants.
- Envoyez-la moi, » m’a-t-elle répondu.
Quelques jours plus tard, elle m’apportait sa réponse :
« Intéressante. Toutefois, vous gagneriez en intensité dramatique, en la réduisant. Elle est un peu longue. Quoi qu’il en soit, mettez-la de côté. J’aimerais
bien en faire une lecture. »
Après réduction de la pièce – à cette occasion, j’ai appris à mes dépens qu’il était plus facile d’écrire que de couper- elle organisa une soirée le 12
Décembre dernier.
C’est la quatrième lecture que Marie Josée met en scène, pour trois de mes pièces. Franchement, si je ne réussis pas, ce ne sera pas de sa faute, tant elle s’est
dévouée. Mais, entre elle et moi, il y a une valeur que nous partageons : à savoir la défense de l’enfant.
Quel délice pour moi d’entendre ce soir-là, mon texte dit par des voix africaines. Car l’Africain ne parle pas. Il chante. Et son rire est celui du cristal.
Certes, par la suite, le débat fut passionné. D’autant plus que j’avais commis l’impardonnable erreur d’avoir fait assister le père à la séance d’excision, alors
qu’il s’agit d’une affaire de femmes. Ce qui a quelque peu contrarié nos acteurs – mais qui ne les a pas empêchés d’être TRES BONS. Et ce soir-là, vraiment, j’ai regretté de ne pas être
noir.
Néanmoins, à la fin, il y eut unanimité pour déclarer, qu’après correction, ils aimeraient bien la jouer.
Enfin, il y eut deux compliments qui m’ont touché.
Le premier émanant de Mamadou Fomba : « J’ai beaucoup aimé votre texte. Il est bien écrit. Au départ, j’ai même cru que c’était un Africain qui
l’avait écrit. »
Le second d’Etienne Alsamia : « Des pièces sur un sujet aussi délicat, je n’en connais pas. Je me félicite que ce soit un blanc qui l’ait
écrite. »
Comme quoi, il suffit de se parler pour se comprendre.
Encore une fois, merci à Marie Josée, qui a toujours fait preuve de beaucoup de dévouement à mon égard et qui, ce soir-là, a su mêler son talent d’organisatrice à
son sens de la conciliation.
Ce fut une très belle soirée ! Je ne suis pas prêt de l’oublier.
Christian Moriat
c'est en effet la troisième pièce de Christian Moriat que je mets en lelcture C’est un auteur qui me touche car non seulement
les thèmes qu’il choisit sont pertinents mais surtout parce que la façon dont il les traite est remplie d’empathie pour ses personnages. Son métier d’instituteur lui fait toujours prendre le
parti des enfants, c’est celui de l’avenir. Et il n’oublie pas que les femmes ont tout leur rôle à jouer mais rien de manichéen dans sa vision, c’est aussi avec les hommes que se construit
l’avenir, il faut qu’au moins un homme comprenne où se trouve leur propre intérêt.
Marie Josée Brakha
Théâtre Darius Milhaud
link http://tdm4.perso.sfr.fr/ecritoire.htm
80 allée Darius Milhaud, 75019 Paris
Réservations : 01 42 01 92 26
Tarifs : 6 euros, 4 euros pour les chômeurs
Métro : Porte de Pantin
En voiture : au niveau du 97 rue Petit, proche de la Porte Chaumont (stationnement : rue Manin, rue Petit, porte Chaumont, parking de la Cité de la Musique)