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Lectures - 2017

Publié par M.J. B.

« Écritoire » présente  :
lundi 20 février 2017
Théâtre Darius Milhaud 
21h
Gabriel
GABRIEL
lecture d'un texte de
Alain Le Ninèze

 

Paris, soirée du 13 novembre 2015. Monica et Albert avaient passé un pacte entre eux : ne jamais parler de leur fils, Gabriel. Mais le jeune couple qu’'ils ont invité ce soir-là, Esther et Guillaume, et l’'intrusion de l’'actualité par la télévision les ramènent à la réalité et aux questions qui les taraudent : comment, pourquoi est-ce arrivé ? pourquoi Gabriel est-il parti rejoindre Daech en Syrie ?

lecture dirigée par Marie Josée Brakha
avec : Patricia Mesplié, Jérôme Decourcelles, Yoni Nahum, Louise Emma Morel

Lectures - 2017
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compte-rendu de l'auteur
Cela a été un moment très fort pour moi que d’entendre ma pièce, Gabriel, mise en voix sous la direction de Marie Josée Brakha au théâtre Darius Milhaud. Grâce à l’excellente prestation des acteurs – qui ne se sont pas contentés de lire le texte mais l’ont réellement interprété –, l’auteur devenu spectateur a pu voir ses « personnages de papier » prendre corps et prendre vie sur scène. Expérience pleine d’enseignements ! L’échange qui a suivi, ainsi que les entretiens que j’aie eus avec Marie Josée Brakha - qui m’a conseillé à juste titre de faire certaines coupes dans le texte et, par ailleurs, de « muscler » la séquence centrale afin de donner à l’ensemble plus de densité et de force - m’a permis de constater que, si la pièce avait touché le public, il y avait cependant certains aspects qui pouvaient être améliorés. Et, dès le lendemain, je me suis mis au travail pour revoir mon texte… Merci à elle et à toute l’équipe de Des Mots et des Actes de m’avoir donné cette opportunité.
           Alain Le Ninèze
 
 
 
 
« Écritoire » présente  :
lundi 3 avril 2017
Théâtre Darius Milhaud 
21h
 
Lectures - 2017
ET MAINT'NANT, QU'EST-CE QUE J'FAIS ?
lecture d'un texte de
Catherine Lairaud
 

Les parents de Jacques Lebel sont atteints de la maladie d’Alzheimer. Ils ont besoin d’être accompagnés dans tous les actes de leur vie. Avec Camille, son épouse, il va tout tenter pour respecter leur choix de vivre chez eux jusqu’à la fin de leurs jours. Mais la situation se dégrade et les aides ménagères ne suffisent plus. Camille insiste pour qu’ils soient placés en maison de retraite. Jacques s’y oppose, il a le sentiment que ce serait les abandonner. Pourtant, il finit par accepter de faire un essai. Entre tendresse et dureté, les couples se délitent…

lecture dirigée par Marie Josée Brakha
© visuel : Christian Lairaud

avec : André Suard, Thierry Diez Pommarès, Sophie Mahé,       Sylvie Dumez, Marie George, Benoit Gourley

Lectures - 2017
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compte-rendu de l'autrice
Merci Marie Josée et un grand merci à tous les comédiens et comédiennes.
J'ai été non seulement enchantée et honorée que mon texte ait retenu votre attention pour permettre cette lecture, mais aussi absolument ravie de le voir vivre grâce à vous.
Mille mercis Marie Josée de cette initiative, c'est une chance inespérée pour un auteur d'avoir cette possibilité de voir son texte, encore virtuel, prendre forme, devenir réel, vivant.
Je souhaite sincèrement remercier toute l'équipe, pour l'investissement et l'intérêt que chacun a porté au thème de la pièce.
Énorme coup de pouce pour moi qui, grâce à vous, vais pouvoir la reprendre pour l'améliorer, couper certaines longueurs, renforcer certains caractères...
Vous m'avez donné confiance pour tenter d'emmener cette pièce plus loin, d'envisager de lui trouver un ou une metteur(e) en scène, voire un éditeur.
J'espère que cette fabuleuse expérience ne sera que le début d'une grande aventure pour "Et maint'nant, qu'est-ce que j'fais ?".
Encore merci à vous tous,
           Catherine Lairaud
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« Écritoire » présente  :

lundi 3 juillet 2017
20h30
Théâtre Darius Milhaud
Lectures - 2017
LE PUITS
lecture d'un texte de
Pierre Lagorce
 

Durant la guerre, des partisans ont assassiné un traître. Vingt ans plus tard, les « patriotes », qui jouissaient du respect général, sont confrontés à Fouinard. Pourtant, après l’avoir condamné, ils l’avaient précipité, lourdement lesté, au fond d’un puits. Ils le voient partout. Ils le croisent jusque dans la ville voisine, jusque dans le train. Il écrit, il dénonce. Plus de repos. Le spectre - ou peut-être Fouinard en personne - s’est évadé de la prison de leurs mémoires, a ouvert grand les portes et libéré tous les souvenirs incarcérés. Les héros statufiés se désagrègent.

lecture dirigée par Marie Josée Brakha
© visuel : Pierre Lagorce

voix off : Marie Josée Brakha
voix off : Marie Josée Brakha
voix off : Marie Josée Brakha
voix off : Marie Josée Brakha
voix off : Marie Josée Brakha
voix off : Marie Josée Brakha
voix off : Marie Josée Brakha
voix off : Marie Josée Brakha
voix off : Marie Josée Brakha
voix off : Marie Josée Brakha

voix off : Marie Josée Brakha

Lectures - 2017
compte-rendu de la soirée
J'ai vécu lundi soir un beau moment.
J'ai rencontré des comédiens comme je l'entends, de ceux qui vont chercher en eux  pour donner vie  à ce "quelqu'un" qui était là, latent attendant qu'on le crée.  Ils ont produit beaucoup plus qu'une simple lecture, ils ont joué. J'emploie le mot "jouer" car c'est celui qu'on emploie en général. Mais j'aime mieux "faire surgir de soi", expression un peu longue et c'est peut-être pour cela qu'elle n'est pas plus usitée.
Les six interprètes ont fait naître leur personnage :  l'Antoine de Philippe Godin, le Bernard d'André Suard, le Charles de Dominique Dariel, le Denis d'Eric Chantry,  l'Elsa de Patricia Mesplié, le François de Georges Mettra. Et je me suis reconnu en chacun d'eux, de façon souvent hallucinante. Plus qu'une simple lecture, ai-je dit. Des personnages "mis en corps" : énergie, sensibilité, gestuelle et postures, voix , tout était là, vivant de la vie des comédiens.
J'ai découvert des aspects de mes créatures de papier que j'ignorais. C'est étonnant comme le passage d'un auteur à un interprète peut révéler de virtualités latentes. J'ai l'expérience d'avoir mis en scène des pièces dont j'étais l'auteur. Des interprétations nouvelles apparaissaient de la même façon, mais c'était au fil des répétitions, le fruit d'une création commune entre le metteur en scène et les comédiens. Lundi soir, j'étais spectateur, je connaissais le texte mais je ne savais pas ce que j'allais voir. L'effet de découverte de mes personnages re-créés a joué : j'étais bouleversé.
Denis, l'enfant Denis, était hallucinant de vérité, de sincérité, de présence. Bernard était un personnage oublieux du poids porté depuis des années, un homme tout en forfanterie, gloriole provinciale, bêtise. François, créé par Georges avec finesse et sobriété, existait dans toute la vérité de son angoisse et de ses ambiguïtés. (Un spectateur a dit que c'était lui le plus "salaud".) Philippe et Patricia ont su faire vivre dans le rapport de couple d'Antoine et d'Elsa, la sensibilité et la lourde culpabilité de ces deux personnages qui, outre le poids des actes commis avec leurs camarades, portent le remords d'une histoire d'amour commençant par un double meurtre. Charles, enfin... Je l'avais voulu un méchant sans âme ni remords. Dominique, l'a créé ricanant et goguenard et j'ai compris que cette goguenardise, c'est cela justement la faille de Charles, que ce personnage m'a échappé, qu'il n'est pas taillé dans l'acier, qu'il est humain lui aussi.
La "mise en place" opérée par Marie Josée Brakha était déjà une mise en scène. La distribution était excellente, je l'ai déjà dit. Le mouvement dramatique, le suspense, le rythme ont tenu le public en haleine. Chaque personnage, entrant, sortant, se déplaçant était à sa place à tout moment. J'ai beaucoup apprécié la sobriété et l'efficacité de l'éclairage comme la concision et la netteté de la voix off.
Et j'ai trouvé excellente, l'utilisation de l'espace pour créer la distance temporelle entre "il y a vingt ans" et le présent. Un spectateur a remarqué que la mise en scène était presque achevée, qu'on pourrait s'arrêter à ce dispositif. Je pense que c'est juste.
Je remercie Marie Josée Brakha pour son travail remarquable et les comédiens pour l'enchantement qu'ils m'ont procuré et ce qu'ils m'ont appris.

   Pierre Lagorce